Facebook, acteur majeur de l’éditorialisation ?!

Qu’on se le dise, Facebook a 13 ans, un âge symbolique où surgit la première crise d’adolescence ! C’est l’âge de l’entre-deux, entre l’enfance et le monde adulte, l’âge des premiers choix… D’ailleurs, qui se souvient de ses premiers clics sur Facebook ? Rappelez-vous…


Jerome Commandeur « Facebook » par jeromecommandeur

Facebook a grandi en écho aux progrès technologiques. Souvenez-vous, lorsque les smartphones avec appareil photo intégré se sont répandus, ce fut l’explosion du selfie avec comme nouveau critère artistique des photos avec la bouche « en cul de poule » !

selfie Et bien c’est précisément à ce moment là que le diktat de l’image a commencé sur les réseaux sociaux ! Bon, il y a eu bien sûr aussi les photos un peu gênantes lors de moments festifs…

fete

Bref, on l’aura compris Facebook distille beaucoup de contenu personnel, voire un peu trop…

facebook humour

La leçon de tout ça, c’est 1/ un contenu pauvre 2/ la force croissante des images. Naturellement, avec les évolutions technologiques, les vidéos amateurs ont suivi le mouvement. Mark Zuckerberg et ses acolytes veillant aux grains ont constaté l’efficacité et le pouvoir important de l’image. Les images génèrent du trafic et de l’engagement.

Tout ceci contribuant à l’avènement de la société de l’image dans laquelle nous sommes aujourd’hui et qui ne semble pas prête de s’arrêter. J’en veux pour preuves les nouveaux réseaux sociaux qui  ont émergé uniquement basés sur l’image : Pinterest, Instagram, Snapchat… et qui ont un retentissant succès chez les millenials (entendez les 15-35 ans).

« Les articles, c’est dépassé. En 2020, il n’y aura plus que des vidéos sur les plateformes. »

Maxime Barbier, co-fondateur de MinuteBuzz, oct.2016

Mais aujourd’hui il se passe un phénomène nouveau…

Le succès de l’image sous son format vidéo conduit des esprits créatifs à générer de nouveaux contenus. Anecdotiques, humoristiques, décalés… voire racoleurs, ces contenus ont une tendance à la viralité, au buzz, au partage en masse. C’est la recette appliquée par Topito (tops sous format vidéo) ou MinuteBuzz qui excellent dans le marketing viral (ou buzz marketing).

Le format efficace est court et rythmé dans la lignée du snacking content (vite ! vite !). Sa durée est en général inférieure à 2 minutes. Le temps des vidéos amateurs, filmés à la verticale (quoi ?!… vous le faites encore !), n’est plus la référence sur les réseaux sociaux, à moins qu’elles soient reprises elles-mêmes dans une autre vidéo…

Nous baignons dans le web 3.0, dit le « web sémantique », orienté savoir. On parle aujourd’hui d’éditorialisation.

Les contenus ne sont pas figés mais mouvants, tantôt repris, agrégés, commentés et partagés. D’ailleurs Brut l’avoue à demi-mots (voir le podcast Atelier des médias, 8 avril 2017 : « Brut, 4 mois, 120 millions de vues sur Facebook ») qu’ils n’ont pas le temps de demander le droit des images ! Quid du droit à l’image dans ce nouveau modèle médiatique qui tend à s’imposer ?! Bon je m’éloigne…

C’est ainsi qu’on voir émerger le renouveau des médias. Désormais au carrefour du journalisme et de la communication, on trouve Brut : un contenu informatif mais toujours avec un angle décalé ou tranché.  Novateur aussi sur sa forme il adopte le carré pour les réseaux sociaux (et plus pratique pour les téléphones !) et impose le sous-titrage pour les nombreux utilisateurs ne mettant pas le son (c’est plus discret quand on est au travail ! 😉 ).

Pour aller plus loin : lire l’article de Télérama « Brut se taille une place de choix sur les réseaux sociaux » (mars 2017)

A en juger la publication de vidéos par France Inter, par exemple, sur Facebook, on n’est pas loin de considérer ce réseau social comme un relais d’informations, un média crédible. Alors à l’avenir quand mes enfants me diront : « Mais je l’ai vu sur Facebook ! », je serai tentée de les croire…

Les vidéos virales se professionnalisent donc. Mais qu’en est-il côté financement ? Le modèle économique reste souvent le même : la publicité native (native advertising). Il s’agit d’explorer le brand content, de créer un contenu à forte valeur : attractif, divertissant, informatif le tout en quelques secondes.

Facebook est le chef d’orchestre, celui par qui tout est arrivé, ou plutôt désormais la place publique où tout se joue. Facebook a désormais une nouvelle force d’attraction, celle d’un contenu informatif, attractif et pertinent, je ne serai pas étonnée de voir de nouveaux internautes débarquer sur Facebook uniquement pour son contenu mais de là à le rebaptiser NewsBook… Les autres réseaux sociaux suivront le mouvement et contribueront sans nul doute à redessiner le paysage médiatique de demain.

« Il va falloir sortir de cette vision bien définie du journalisme, surtout que l’information est produite aujourd’hui partout, notamment sur Facebook. Avec cette multiplicité des modèles sur Internet, la question est dorénavant de savoir où l’information est produite, où elle est consommée et comment l’on peut y ajouter de la valeur ajoutée. »

Nicolas Kayser-Bril, co-auteur du rapport « Médias : nouveaux modèles économiques et questions de déontologie »
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